mercredi 8 janvier 2014

Lettre sur le survivalisme de degrés 5 (rupture totale et générale avec la normalité).


Salut Marc,
Déjà, merci pour ton partage. Je ne m'attendais pas à autant d'informations d'un coup :O) Je vais donc essayer de prendre les points un par un mais dans le désordre.

En premier je suis 100 % d'accord avec ce qui suit :
Chacun a quelque chose à amener quel que soit son vécu. J'ajouterait "et suivant ce qu'il est capable d'apprendre et d’appréhender"
- Chacun se prépare selon sa condition physique, sa situation familiale
- Faire cohabiter des catégories de gens qui ne se sont jamais croisé de leur vie n'est pas facile (tes exemples sont pertinents)
- Personne ne sait vraiment comment il réagira en cas de situation dont il risque sa vie (sauf exceptions que tu cites entres-autres)
- Le meilleur matos est chez Brico-loisir, militarymegastore ou Athléticum ... certes, profitons pendant qu'ils existent encore :OP
- Les femmes joueront un rôle capital si un effondrement survient. Quoi que je préciserai : "la plupart" des femmes. Faut pas généraliser.
- Je ne crois pas non plus à un réseau suisse. Pas plus que de n'importe quel autres pays.

Par contre, je ne suis pas de ton avis sur la façon de réagir en cas de "survie" au premier sens du terme, suite à une dégradations générales et de longue durée de la normalité (plusieurs années). Ce ne serait en fait qu'un retour à la normale, déjà, à mon avis. 

J'explique : historiquement, l'être Humain n'est arrivé au XXIe siècle que parce qu’il s'est organisé en groupe et ce depuis son origine. Je ne crois pas qu'on puisse le nier. On peut discuter sur la dimension du "groupe", mais sans plus. Là ou je te rejoins, c'est qu'un groupe, peu importe sa taille, à besoin de membres qui sont proches du bushcraft. Mais un "bushcraftman" (??) ne peut survivre à long terme (plus qu'une génération) seul, ou à deux. Si tu n'es pas d'accord avec ça, je suis ouvert à tes explications.

Bien entendu, avant d'arriver à la stabilité d'un groupe capable de survivre sur plusieurs générations, il faudra faire avec la rupture, progressive ou brutale, de la "normalité" actuelle. Je parle de la Suisse, hein, pas d'un pays qui déjà part mal avec une autorité restrictive, agressive et brutale à sa tête, dont la population peut "exploser" d'un jour à l'autre en interne, ou bien que le territoire subisse un "bombardement préventif" d'un autre pays. Ça n'arrivera pas ici, du moins dans ce siècle (jusqu'en 2100). Mais tu n'es peut-être pas d'accord avec moi :O) ...

Première hypothèse : logiquement, si l'Europe n'arrive pas à s'entendre à court terme, il y aura une "invasion" de populations dans notre pays. Ce qui provoquera des fortes tentions en interne, voir au pire une dissolution du Fédéralisme. Mais les gens qui passeront nos frontières ne le feront pas armés (dans le but de conquérir). Ils voudront participer à la stabilité. Ceux qui auront une autre vision se fermeront dans des enclaves là où ils se sentiront en sécurité, à savoir "chez eux" (donc en dehors de nos frontières). Le pire pour nous serait de fermer les frontières et de faire la chasse à ces arrivants. Ça provoquerait de l'agressivité de tous les côtés à en devenir incontrôlable et ingérable. Pour en arriver là, il n'y a qu'à suivre l'UDC ... Par contre, en accueillant ces personnes de façon humaine (pas dans des camps ...), il sera possible de maintenir une stabilité supérieure à la "normale" (par rapport aux autres pays). Mais clairement pas en conservant notre petit confort habituel de société de consommation ... c'est là qu'il faudra se tourner, se recentrer sur les "groupes" pour éviter une mauvaise gestion politique qui ne sera pas prête à ces changements. Je ne parle pas de groupes vivant en autarcie, hein. C'est impossible dans ce pays trop petit. Mais des groupes ayant une certaine interactivité entre eux. Et là ça peut durer, longtemps.

Deuxième hypothèse : l'Europe explose, et un de nos pays voisins décide de s'en prendre à la Suisse, pour mettre la main sur nos ressources. Oki, mais bon on en reviens toujours au même problème : de quelles ressources peut-il s’agir ?
- De l'argent : pas besoin d'envahir la Suisse pour ça. Du chantage serait plus efficace. Si on paye, il faudra revoir notre structure et se tourner vers la vie en groupe. Exactement la même finalité que dans l'hypothèse 1.
- Du bois : pas besoin d'envahir le pays non plus. Même évolution que pour l'argent.
- Autres ressources : ha ben non, on n'en a pas d'autres ...
- Le territoire ? Tous les généraux le diront :  il vaut mieux une zone "tampon" à la limite de son territoire que d’agrandir le sien jusqu'à la porte de ses ennemis. Donc on nous foutra une paix royale géographiquement parlant.

Troisième hypothèse, qui n'en est pas une : on attaque un pays voisin ... héhéhé ... très drôle ... pas besoin d'en dire plus je crois ...

Donc jusque là, mes exemples de "contrariétés à facteurs humains" sont posés. Je serais intéressé de connaître ta version si tu n'es pas d'accord avec moi. Parlons maintenant de "contrariété à facteurs naturels".

Quatrième hypothèse : réchauffement climatique global. On en est qu'au suppositions, mais ce qui revient le plus souvent c'est une accentuation de la force des éléments naturels sur la Suisse -> inondations des zones inondables, éboulements massifs en montagnes, feu de forêts, avalanches gigantesques. On perdra donc une grosse partie de la production d'électricité et de la qualité de l'eau potable. Presque toute la production alimentaire chutera (les grandes zones d'agricultures du pays disparaîtront ainsi que la production alimentaire en montagne). Il y aura une pression démographique dans les zones "saines", mais sans combat, car il restera suffisamment de place à mon avis. Enfin ... si on arrive à se nourrir en groupe de façon locale, et on y arrivera ... (donc sans plus compter sur les hypermarché ... qui disparaîtront aussi vite que le reste). Je mets volontairement de côté tout ce qui pourrait arriver au niveau des catastrophes naturelles plus "locales", comme un tremblement de terre par exemple, qui, même de grande ampleurs ne menacerait qu'une partie du pays, donc reconstruit à l'aide du reste de la population.

Cinquième hypothèse : catastrophes naturelles hors du pays comme l'explosion des volcans, tremblements de terre continentaux, météorites, enfin tout ce qu'on peut imaginer ... qui aurait comme finalité la destruction de l'espèce humaine. Une période transitoire devra être de se regrouper, survivre et ... mourir ...

Je résume : notre situation géographique et géopolitique fait que quel que soit l'avenir "perturbé", une vie en groupes restreints sera salutaire. Pour les meilleures d'entre-eux. Les autres devront laisser leur place d'une façon ou d'une autre ... Il reste à définir le "groupe" en question. C'est assez complexe en soi, mais facile de s'y préparer. Il faut que chacun accumule des connaissances, des prédispositions et du matériel. Le partage en commun de ceux-ci fera le reste.

Que pense-tu de tout ça ? Je n'ai écrit que ce que j'ai en tête, sans me baser sur un livre, une émission TV ou les paroles d'un gourou quelconque :O). Mes connaissances théoriques sont là. Je suis assez ouvert pour que tu me dise que j'ai tort à 100 %, mais uniquement si tu me donnes des exemples réalistes auxquels je n'ai pas pensé.

A+
Eric

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